Archives de catégorie : FRBRisation des catalogues

Journée d’étude AFNOR CN46 / BnF (26 juin2015)

Vendredi 26 juin 2015 [9h – 17h]
BnF, Petit Auditorium, Site François-Mitterrand 75013 Paris

« L’adoption d’un nouveau code de catalogage se profile dans les bibliothèques et donne l’occasion de faire le point sur les nouvelles exigences normatives : quelles seront les modalités françaises d’application de RDA ? Concrètement, comment basculer d’un modèle de description des ressources à l’autre ? Dans quelle mesure cette transition ouvre-t-elle des opportunités d’alignement entre métadonnées culturelles ?

Des témoignages viendront éclairer les enjeux du signalement 3.0 au sein des différentes communautés professionnelles, pour un meilleur service auprès des utilisateurs […] »

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FRBR dans les solutions Archimed

Par Christophe Arnoult [décembre 2014]

FRBR (Functionnal Requirements for Bibliographic Records) est l’un des acronymes actuellement les plus discutés dans le monde des bibliothèques. Une des raisons de son actualité, et sans doute la principale, est la refonte des normes de description bibliographique avec RDA (Resource Description and Access) qui notamment reprend et met en œuvre les principes de FRBR.

Il ne faut pas pour autant confondre FRBR et RDA. FRBR est un modèle conceptuel, une définition formelle des données qui servent à décrire l’objet bibliographique, pour adapter l’identification et la recherche documentaire aux usages de toutes les catégories d’utilisateurs (bibliothécaires, éditeurs, usagers…). Notre propos n’est pas ici de présenter une énième fois FRBR. Nous voulons juste insister sur le fait que FRBR n’édicte aucune règle normative et opérationnelle pour améliorer la description et la recherche mais pose juste des principes intellectuels sans préjuger de la manière de les mettre en œuvre. Ce qui n’est pas le cas de RDA qui pose les règles très précises à appliquer et constitue donc à la fois une interprétation et une instanciation du modèle FRBR.

Ceci posé, et sachant que la norme RDA est encore largement discutée par l’EURIG, qu’elle n’est pas prête d’être adoptée par la France qui passera d’abord par un format de transition bibliographique, il n’existe donc à ce jour en France d’autres préconisations FRBR que le modèle conceptuel lui-même. Toute mise en œuvre de FRBR représente donc une initiative libre et originale qui n’engage que ses concepteurs.

Les explications qui précèdent sont importantes pour comprendre la position et la démarche d’Archimed. Comme d’autres acteurs (agences bibliographiques, fournisseurs de données, éditeurs informatiques), Archimed avance un projet propre de mise en œuvre du modèle FRBR. Ce projet est fondé, d’une part sur les ressources actuellement disponibles pour FRBRiser un catalogue, d’autre part sur les usages de recherche en bibliothèque de lecture publique.

Comment FRBRiser le catalogue ?

Dans l’absolu, FRBRiser le catalogue exige de décomposer l’actuelle notice de document en trois objets hiérarchiquement liés :  œuvre – expression – manifestation, afin de dissocier le processus créatif d’un contenu intellectuel d’une part et le document qui n’en est que le vecteur d’autre part. L’idée des Misérables (l’œuvre) exprimée par son auteur sous la forme d’un texte littéraire (l’expression) est consignée dans un livre (la manifestation).

Une dénormalisation de ce modèle revient à remplacer les objets d’œuvre et d’expression par de simples attributs de la manifestation. Les données se lisent alors dans l’autre sens : un livre contient un texte littéraire qui correspond à l’œuvre Les Misérables. Cette dénormalisation peut être interprétée soit comme un moyen d’atteindre plus facilement en pratique les principes du FRBR, compte tenu de l’état actuel des catalogues et des possibilités de l’indexation : c’est l’approche anglo-saxonne. Dans le cas de la France qui défend le modèle original avec ses trois objets liés, la dénormalisation peut être perçue comme un risque de ne pas pouvoir centrer sa recherche sur le contenu intellectuel pour déboucher plus sûrement sur les documents qui lui correspondent. Dès lors en effet qu’il n’existe plus d’autre objet que la manifestation, toute recherche garderait pour pivot le document, comme c’est déjà le cas aujourd’hui [1].

Les différents scénarios de mise en œuvre du modèle [2] montrent que la FRBRisation du catalogue est un sujet complexe qui se règlera notamment par les choix qu’édicteront les normes et qui s’imposeront à tous.

Devant de telles difficultés et en l’absence de normes, la première position d’Archimed est de ne pas chercher à définir et embarquer dans le catalogue un modèle de description riche qui sera évidemment remis en cause dès que les nouvelles normes de catalogage seront connues et appliquées. L’approche choisie est donc de FRBRiser le plus simplement possible le catalogue, non pas pour décrire exhaustivement la relation du document avec son expression et son œuvre, mais dans la perspective d’améliorer le service à l’utilisateur dans le cadre de ses recherches.

La FRBRisation sera disponible avec la nouvelle solution Syracuse, soit dans le module SIGB, soit dans le module Portail quand il s’interface avec un SIGB tiers.

Elle va consister à enrichir l’indexation des notices de documents en injectant automatiquement dans celles-ci, chaque fois que c’est possible, les données de base qui caractérisent l’œuvre associée : le titre de l’œuvre, sa date, son auteur et sa catégorie (littéraire ou musicale par exemple).

Ces quelques données sont disponibles dans data.bnf.fr, le cloud de la BnF. Elles sont récupérables par web service, plus précisément à l’aide du serveur Sparql qui a été ouve